Non parce que concrètement aucune règle écrite ne stipule une obligation vestimentaire. Au demeurant, depuis toujours, chaque député a eu conscience du poids de sa position et de l’endroit où il travaillait. Avec le tradition, le combo veste-cravate s’est donc imposé pour les hommes et le classique tailleur pour la gente féminine. Et cela s’est ancré si profondément dans les mœurs politiques qu’aujourd’hui un député ne portant pas une cravate (à l’image de Rickwaert) peut se faire refuser l’accès à l’hémicycle par l’huissier. Notons que ces derniers, étant lassés de « l’étourderie » trop habituelle de certains politiques ont eu l’idée ingénieuse de mettre en place un placard contenant des cravates de secours. On n’est jamais trop prudent si on veut éviter un tohu-bohu public !

Sachez aussi que le public assistant aux séances de l’Assemblée est lui aussi soumis au protocole vestimentaire comme nous pouvons le lire sur le site de l’Assemblée : « En application de l'article 8 de l'Instruction générale du Bureau, le public admis en séance doit porter une tenue correcte (pour les hommes : veste ou blouson à manches longues, pantalon long). »


Les députés lors d'une minute de silence à l'Assemblée nationale © Francois Lafite/Wostok Press/Maxppp

Quand certains députés ont voulu faire « sauter » cette fameuse tradition qui s’avérait parfois inconvéniente (cf : les concours de T-shirts chemises mouillées en été), ils se sont très vite heurtés à un mur. Slate dans un article sur le style vestimentaire des politique nous rappelle cette anecdote survenue il y a quelques années : « En juin 2008, François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique, écrit au président de l’Assemblée : Il faisait très chaud cet été-là et j’ai demandé, pour faire des économies de climatisation, si les députés pouvaient faire tomber cravate et veste, mais le président a jugé que la coutume méritait d’être maintenue.» Tomber la chemise ne semble donc pas à l’ordre du jour !


François de Rugy ALAIN JOCARD / AFP

Toutefois certains irréductibles députés, à l’image de François de Rugy, ont en tous lieux et tout temps essayé de faire vaciller cette dictature vestimentaire :

En 1972, Michèle Alliot Marie, alors jeune conseillère politique, défie le machisme ambiant et déboule à l’Assemblée vêtue d’un pantalon. Horreur et damnation on lui refuse l’entrée, elle réplique par un  « Si c’est le pantalon qui vous gêne, je l’enlève », on est contraint de la laisser rentrer, le pantalon est désormais  légalisée pour les femmes. C’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pour le droit des femmes.


Michèle Alliot-Marie, le 2 février dernier. Crédit photo : REUTERS/Philippe Wojaze

En 1981, Jack Lang, alors ministre de la culture, provoque les rires ignares de l’opposition parlementaire en abhorrant un veste à col mao et un costume original signé par le styliste Mugler; à croire que les parlementaires sont allergiques à toute forme de créativité fashion.

En 2012, Cécile Duflot, alors ministre de l’Égalité des territoires et du Logements, se fait elle siffler et huer à l’Assemblée par les députés du camp adverse à cause de la robe qu’elle portait. Que lui reproche-t-on ? D’avoir osé un bleu flashy et une robe qui fait plus « vie quotidienne » que de « fonction ». Ici au contraire du cas précédent, c’est donc le trop « ordinaire » qui a fait polémique… 


Cécile Duflot huée à l'assemblée Nationale à... par planetvideos

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